Comment le gestionnaire peut-il faire face aux nouvelles technologies?

Comme le disait un sage il y a fort longtemps, le gestionnaire doit apprendre à se connaître et à connaître son environnement.  Il doit faire une sérieuse remise en question personnelle afin de prendre conscience de ses forces et de ses faiblesses, mais aussi et surtout, des facteurs qui le motivent dans son travail.  Par le biais de cette réflexion il doit pouvoir réaliser dans quelle mesure son travail l’intéresse vraiment et quels sont les efforts qu’il est prêt à déployer pour prendre en mains la nouvelle réalité technologique.

Dans le même ordre d’idées, le gestionnaire doit bien connaître l’entreprise pour laquelle il travaille.  Il doit être conscient des forces et faiblesses de celle-ci et surtout voir dans quelle mesure ses actions peuvent aider ou nuire au progrès de l’entreprise.  Une meilleure connaissance de l’entreprise, de ses produits, de ses marchés… permettra au gestionnaire d’évaluer de façon plus précise l’impact qu’auront les nouvelles technologies dans son contexte de travail.  Qu’il le veuille ou non, les attentes de la direction générale et des employés changent continuellement et l’introduction de nouvelles technologies aura des répercussions sur les relations de travail, sur le nombre d’employés, sur la définition des tâches, sur les besoins de formation…

Il est curieux de noter qu’une très forte majorité de gestionnaires connaisse peu les produits et leur processus de fabrication, de même que les marchés auxquels l’on destine les produits.  Pourtant, il est prouvé qu’une bonne compréhension du processus de fabrication permet de réaliser de bonnes économies sans pour cela investir dans des technologies coûteuses.  De toutes façons, lorsque l’on analyse les succès ou les échecs lors de la mise en oeuvre de nouvelles technologies, il est facile de noter le rôle que joue la connaissance du processus de fabrication dans le dit succès ou échec.

L’erreur que commettent les gestionnaires est de croire que par elle-même, et presqu’en vase clos, la technologie pourra résoudre tous les problèmes.  Pourtant, comme nous l’avons déjà mentionné, si l’on permet à un piètre écrivain d’utiliser un traitement de texte, il ne deviendra pas pour autant un meilleur écrivain et tout au plus pourra-t-il produire une plus grande quantité de textes médiocres!

Si chaque problème a une solution, il faut réaliser que la technologie seule ne peut pas être cette solution car sa mise en oeuvre exige de composer notamment avec du personnel plus ou moins intéressé au projet et plus ou moins formé dans cette direction.

S’il existe plusieurs approches dans la gestion de la technologie, il n’en demeure pas moins que le gestionnaire le mieux armé pour accomplir cette tâche est celui qui réalise qu’il ne lui est plus possible de s’asseoir sur ses lauriers et que par le fait même, il lui faut apprendre continuellement.  « Comment faire plus » et « comment faire mieux » doivent devenir l’objet de ses pensées.  Pour cela, il devra réapprendre à découvrir le monde qui l’entoure et mettre beaucoup plus d’enthousiasme dans sa vie.  Le gestionnaire doit réaliser que « plus » ne signifie pas nécessairement « mieux » et qu’une nouvelle technologie ne résoudra pas tous ses problèmes par le simple fait qu’elle est nouvelle!  Le gestionnaire qui apprend à se connaître, et qui est à l’écoute de son environnement, sera à même de trouver les mots qui conviennent pour propager l’enthousiasme autour de lui.

L’Amérique s’éveille péniblement à la dure réalité que sa survie est intimement liée aux nouvelles technologies et à sa force ouvrière. Les deux sont indissociables et l’un sans l’autre équivaut presqu’à coup sûr au suicide corporatif.  Malheureusement, notre culture d’entreprise ne favorise guère, du moins jusqu’à présent, l’union ou l’harmonisation de ces deux grands piliers.  Le gestionnaire doit donc s’assurer qu’il tient compte de ces deux dimensions dans la mise en oeuvre de tout nouveau processus de travail.